Lettre anonyme
En dehors des édifices publics, aucune
villa, aucun lotissement, aucune personnalité n'a jamais fait l'objet d'une telle surveillance en Corse. D'une telle bienveillance de l'État, n'hésitent pas à dire certains qui tentent
d'évaluer le coût d'une telle mesure pour le contribuable. Les propriétaires de Cala Longa, directement menacés par le FLNC, ceux qui ont été victimes de plusieurs attentats ou les
commerçants de Strasbourg apprécieront... Cette mission, qu'ils sont bien obligés d'accepter, même les gendarmes ne semblent pas l'assumer de gaîté de coeur. D'autant que ce ne sont pas les
enquêtes corses non élucidées qui manquent dans l'île. Mais les ordres sont les ordres, surtout lorsqu'ils viennent d'en haut. Au-delà de la crainte d'une nouvelle manifestation des
nationalistes, ce sont les menaces reçues par Christian Clavier, sous forme d'une lettre anonyme qui sont mises en avant pour justifier cette surveillance. Suite à un dépôt de plainte de
l'acteur, une enquête avait été ouverte pour « menace de destruction de biens sous conditions ».
Procès en appel le 3 juin
Tout avait débuté le 30 août par une
manifestation contre le Padduc, devant l'hôtel de ville de Porto-Vecchio, puis par une intrusion de quelques militants nationalistes dans le jardin de Christian Clavier à Punta d'Oro, un
lotissement appartenant au président de l'assemblée de Corse Camille de Rocca Serra. L'affaire aurait pu en rester là, mais elle a pris rapidement une tout autre ampleur avec le limogeage du
préfet de police Dominique Rossi. Une décision qui avait été très mal ressentie dans les milieux policiers car Dominique Rossi était connu pour son efficacité et avait eu une carrière
irréprochable. Christian Clavier n'avait pas porté plainte mais le procureur de la République avait tout de même décidé d'ouvrir une enquête. Le 21 novembre dernier, dix militants
nationalistes, dont trois élus de l'assemblée de Corse (Jean-Guy Talamoni, Rosa Prosperi et Véronique Sciaretti) avaient été condamnés à 500 euros d'amende. Un jugement dont ils ont fait
appel.
Entre-temps, une nouvelle « pétillonnade »
a fait rebondir l'affaire. Le dossier Clavier a disparu au tribunal d'Ajaccio et l'on ne sait toujours pas comment un tel document a pu se volatiliser. Ce dossier a tout de même été
reconstitué et le procès en appel se tiendra le 3 juin prochain devant le tribunal de Bastia. L'occasion d'une nouvelle tribune pour les nationalistes qui n'en demandaient pas tant. Pour eux
cette affaire est du pain béni. En attendant, le gardiennage d'État se poursuit à Punta d'Oro. Une mission qui pourrait même être considérée comme de la concurrence déloyale par les sociétés
spécialisées.
Pà
ritruvà tuttu u cartulari di"l'affari Clavier" : http://www.facebook.com/ext/share.php?sid=75935486164&h=yqP9L&u=zvhi-&ref=mf