DISCORSU MARIE CLAUDE BRANCA
Inna mità di l’anni 60,un pascialuchju spersu , ùn firmaiani che 3 o 4 anziani , tutti i famiddi si n’erani andati, senza strada, senza lumu né acqua.
Hè ghjuntu una famidda incu 4 ziteddi,ha campatu 4 anni in issi cundizioni. U sgiò Jean Paul dicia chi ùn c’era nudda à fà . E pò à a fini di l’anni 60 , certi hani vindutu un tarrenu pà 5
franca( menu di 1euro ) u metru.
I ghjunghjitici hani custruitu una risidenza di turismu è a tempu hè ghjunta a strada incu u lumu è
l’acqua !
Tutti hani vulsutu guadagnà soldi facilmenti, hani vindutu i so tarrena unu à unu, è so ghjunti casi,
casamenti è risidenzi di turismu.
L’aghjenti chi erani abituati à stintà u so pani ùn so micca stati capaci di rifletta , ùn hani vistu chi
u prufittu faciuli. Hè cussì chi ha cuminciatu u nosciu spussessu. A pulitica di u turismu rè incuraghjita da a municipalità è da u statu ha pruvucatu una logica speculativa . I tarrena so di più
in più cari, avali l’aghjenti di i nosci loca ùn poni più cumprà , ùn poni più custruiscia è t’hani ancu difficultà pà truvà una casa in pighjò.
Si le futur P L U , qui s’appuie essentiellement sur le B T P et le tout tourisme , est adopté sous la
forme proposée actuellement il accélèrera la dépossession collective et la spéculation . Il accentuera le phénomène de précarisation de la population locale . La majorité sortante n’a cessé de
privilégier les intérêts personnels et financiers de quelques acteurs économiques locaux et ceux des nantis venant de l’extérieur causant une fracture
de plus en plus importante dans la société porto vecchiaise.
Que répondre à une adolescente qui vous dit ?« Madame je vous envie, vous avez une maison
des enfants un métier » Celà nous semble le strict minimum et pourtant, un logement dans les quartiers défavorisés de Portivechju, des parents ayant un emploi précaire , peu de
perspectives d’avenir à cause de ces difficultés sociales : Quel espoir peut elle avoir ? De l’autre côté une jeunesse dorée dont les parents appartiennent à la cour de la majorité
actuelle se laisse vivre et n’a aucune conscience de la gravité de la situation.
Maintenir la population dans un état de dépendance économique permet à la municipalité de continuer à
pratiquer une politique de clientélisme. Donner l’impression que l’obtention d’un emploi,d’un logement, d’une route ou de travaux d’aménagement d’un hameau est une faveur, voilà la stratégie de l’équipe en place. Depuis des décennies on a tenté de nous convaincre que nous ne sommes pas capables de nous débrouiller
tous seuls , que rien ne peut changer on a voulu faire de nous des assistés. Non ! Il n’y a pas de fatalité Avé un impiegu , una strada ,un alloghju hè una cosa nurmali : Un vindimmu micca u nosciu votu par un bucconu
di pani ! Un calemu micca u capu ! battimuci pà i dritti di i nosci fiddoli, di u nosciu rughjonu di a noscia isula di u nosciu populu !
Conduire une liste en tant que femme n’est pas facile. Quand
on m’a demandé si cela m’était possible, j’ai répondu qu’il faudrait compter avec ma sensibilité, ma vision et mes mots.
N’attendez pas de voir en moi une spécialiste du discours, des belles phrases, et des gesticulations qui
vont avec . Surtout pas une politicienne. Mais pas non plus une marionnette ou un pot de fleur.
Je suis une femme corse. Avec mes trois frères et sœurs nous avons grandi et étudié dans des conditions
difficiles dans ce hameau isolé qu’était Benciugniu. Là nous avons appris que nous ne devions jamais nous soumettre, que nul ne pouvait nous imposer
sa façon de penser . Nos parents nous ont transmis leur attachement viscéral à notre terre. Au nom de cet attachement un de mes frères a été incarcéré
et déporté à Paris par la Cour de Sûreté de l’Etat de 1979 à 1981. Tout cela a fait de moi la militante associative et politique qui a accepté de relever le défi de conduire cette
liste.
Je suis également une maman de deux enfants à qui je parle notre langue à qui je transmets mon
attachement à notre terre , à notre identité.Et parce que je n’aurais jamais voulu entendre mon fils me demander « parchi ùn ci semu che no chi
parlemmu Corsu ? » conduire cette liste aujourd’hui est aussi répondre à leur
avenir.
Le 22 septembre 2007 , F. Fillon a dit en parlant de la langue corse:"Aujourd'hui, la République est assez sûre d'elle-même pour accepter la manifestation d'une diversité culturelle sans crainte."
Duvia pinsà piuttostu chi avali a noscia lingua hè abbastanza indibulita pà ùn essa più un priculu pà a
republica francesa.
Notre langue n’évolue pas et notre culture se dilue. Notre terre ne nous appartient plus . Notre identité
est bafouée, menacée.
A Portivechju, comme ailleurs en Corse, un peuple et toutes se magnifiques richesses sont condamnés à disparaître progressivement.
U RIACQUISTU à Portivechju c’est notre volonté de reprendre
ce qui est notre, ces valeurs humaines de solidarité, de partage, d’aide, de soutien, d’accompagnement, que l’on doit traduire à chaque échelon de notre société.
U RIACQUISTU c’est aussi notre détermination d’user et de transmettre au quotidien et à tous les niveaux
de vie ; notre langue et notre culture.
U RIACQUISTU c’est encore afficher un développement économique et social basée sur notre
identité.
U RIACQUISTU c’est également l’accession et l’entière disposition à territoires.
U RIACQUISTU C’est surtout l’affirmation universelle de notre identité.
L’identité n’est jamais un repli sur soi. C’est à la fois un facteur d’épanouissement, d’expression et
d’intégration.
Chacun, quelles que soient ses origines et ses convictions
politiques, religieuses ou autre a toute sa place ici dés lors que comme nous hier il fait sien tout naturellement ce lien spirituel qui nous unit à la terre.
« La terre ne nous appartient pas, c’est nous qui lui appartenons » dit un vieux proverbe
amérindien.
Mes colistiers ont exprimé avec talent nos préoccupations et nos propositions sur le devenir de notre
commune.
Vous avez tous compris que nos craintes sont basées sur l’identité, les inégalités sociales, la précarité,
l’isolement humain, la dépossession foncière, la spéculation immobilière. Et que la municipalité sortante – à travers son P.L.U. – accroît un peu plus cette logique qui fera qu’un jour Portivechju perdra toute son âme et la Corse avec elle.
Si vous acceptez le fatalisme, le clientélisme, la soumission, mon message ne vous atteindra
pas.
Si vous refusez d’unir votre personne au destin collectif d’une communauté qui a toujours su accueillir et
intégrer, mon message ne vous concerne pas.
Si vous dénigrez notre langue, notre culture, et nos valeurs, mon message ne vous touchera
pas.
Si vous comprenez que notre lutte est légitime parce qu’elle défend chacune et chacun d’entre vous ;
si vous êtes fiers d’appartenir à une terre et un destin commun en sachant accueillir celles et ceux qui le désirent en son sein ; si vous réfutez la soumission politique, financière et
économique alors vous saisissez toute la dimension de notre cri qu’est U RIACQUISTU.
Nous ne sommes guidés par aucun appétit financier comme
certains, par aucun désir de réussir une carrière politique comme d’autres. Notre engagement est sincère et connu de tous . Nous ne jouons pas enflammer les foules en encensant la lutte armée
puis à la condamner dès que le vent tourne. Nos idées nous les assumons en toutes circonstances . La crédibilité de notre liste nous la fondons sur
notre engagement au quotidien .
U nosciu rughjonu, i nosci paisani, a Corsica è u so populu , a
ghjustizia suciali è a sulidarità so i nosci primuri , ùn avemu nisciun altra ambizioni chi u’ntaressu cullittivu. Un vulemmu fà nisciun prufittu pà
no stessi.
Duminica, ùn ci lachemu micca piddà u supra una volta di più da
quiddi chi ùn pensini che à i so intaressi è a quiddi di i
so amichi ricconi
Duminica ùn ci lachemu micca intrapulà da un’uppusizioni chi ha
musciatu à so incapacità à travaddà pà u ‘ntaressu di tutti.
Duminica insembu incu u nosciu votu dimmu chjaramenti à
quiddi chi volini cuntinuà à supranaci :
PIU NUDDA UN SARA COMU NANZI
Issa tarra, issa lingua, issa cultura so i nosci nimmu ùn ci
li piddarà,
DUMINICA VUTEMU PA U NOSCIU AVVENA, VUTEMU A LISTA NAZIUNALI PORTI VECHJU U RIACQUISTU